TEMOIGNAGE DE LA PSYCHOLOGUE DU CENTRE MONSEIGNEUR MUNZIHIRWA
En tant que psychologue au Centre Monseigneur Munzihirwa, chaque jour m’amène à rencontrer des enfants qui portent le poids d'histoires déchirantes. Ces enfants, souvent qualifiés de « de la rue », sont loin d’être de simples statistiques. Ils sont le reflet d’une détresse psychologique profonde, souvent engendrée par leur propre famille.
Je me souviens d'une petite fille, l’air perdu, qui m’a confié qu’elle avait fui son foyer à cause de la violence de son père. Son récit résonne en moi comme un cri silencieux. Ces souffrances prennent racine dans des événements tragiques : le divorce des parents, le décès prématuré d’un parent, la maltraitance, ou encore l’abandon sous prétexte d’une prise en charge trop précoce. Chaque histoire est unique, mais toutes partagent une même douleur.
Il est profondément alarmant de constater que certains parents, au lieu d’assumer leur rôle protecteur, choisissent de rester spectateurs de ce drame. Un enfant est intrinsèquement vulnérable et a un besoin fondamental d’amour, de guidance et de protection. Ils portent en eux des rêves et des aspirations, mais ceux qui se retrouvent dans la rue subissent une double rupture : familiale et affective. Ils manquent d’attention, de protection et se retrouvent souvent confrontés à des rejets et à des discriminations.
Face au regard stigmatisant de la société, ces enfants se créent un monde parallèle. Pour survivre, ils développent des mécanismes de défense qui les poussent parfois vers l’agressivité, une manière de se protéger dans un environnement hostile.

